Bosch Vénissieux – 80 ans d’histoire

À l’occasion des 80 ans du site, la Direction locale a décidé d’attribuer des jours de CET à l’ensemble des salariés.  Nous prenons acte de cette reconnaissance. Mais cet anniversaire représente bien davantage que quelques jours crédités sur un compteur. Ces 80 années sont avant tout celles des femmes et des hommes qui ont travaillé ici, parfois toute une vie, qui ont transmis leur savoir-faire, leurs compétences et leur attachement à ce site.

Au fil des décennies, notre établissement a traversé des périodes difficiles, des réorganisations, des incertitudes et de nombreuses transformations.
Des salariés ont subi les conséquences de plans sociaux successifs, ont vu partir des collègues, des conjoints et ont dû, malgré tout, continuer à produire, à tenir leurs engagements et à défendre leur outil de travail.  À chaque étape, celles et ceux qui sont restés ont permis au site de rester debout, digne et fier de son histoire. Ce fonctionnement, fondé sur une proximité particulière entre le terrain, les représentants du personnel et la Direction locale, a toujours été une singularité de notre site. Chacun avec son rôle, ses responsabilités et parfois ses désaccords, mais avec une même réalité à défendre : celle de ce site et des femmes et des hommes qui le faisaient vivre.

C’est cette mobilisation collective qui a permis à notre établissement d’atteindre aujourd’hui ses 80 ans et qui est toujours. Mais cet anniversaire a aujourd’hui un goût particulier. Le 20 janvier 2026, le Groupe a décidé depuis l’Allemagne de mettre un terme à cette aventure industrielle. Et je veux ici exprimer quelque chose de plus personnel. Pour beaucoup d’entre nous, et pour moi aussi, le 20 janvier restera comme une date d’abandon. Après toutes ces années d’engagement, les efforts consentis, les périodes difficiles traversées, les restructurations supportées et la fidélité des salariés à leur site, cette décision a été vécue comme l’abandon, par le Groupe, de femmes et d’hommes qui n’ont pourtant jamais abandonné leur entreprise. Nous avons toujours répondu présents. Dans les bons moments comme dans les périodes les plus difficiles, les salariés ont continué à travailler, à produire, à maintenir la qualité, à transmettre leur savoir-faire et à défendre leur outil industriel. C’est aussi pour cela que la décision du 20 janvier est si difficile à accepter humainement.
Parce que lorsque les salariés n’ont jamais abandonné le Groupe, ils pouvaient légitimement espérer que le Groupe, lui non plus, ne les abandonnerait pas. Je souhaite aussi, à travers ce message, avoir une pensée particulière pour les anciens élus et représentants du personnel qui, au fil des années, se sont battus pour préserver ce site, défendre l’emploi et maintenir cette histoire industrielle vivante. Certains ont mené des combats difficiles, parfois dans l’ombre, souvent dans des périodes où l’avenir du site était déjà menacé. Leur engagement, leurs convictions et leur ténacité ont contribué à permettre à ce site d’être encore là aujourd’hui. Je veux surtout les remercier pour ce qu’ils m’ont transmis. Ils m’ont transmis une flamme. Une flamme qui représente l’espoir, la solidarité, la défense de notre outil de travail et, avant tout, le respect des femmes et des hommes qui font vivre ce site. Cette flamme m’a toujours animé dans mon engagement et dans ma volonté de défendre nos valeurs, notre histoire et les salariés. Aujourd’hui encore, malgré la décision du 20 janvier, cette flamme ne s’éteint pas. Parce qu’un mandat passe, qu’une génération succède à une autre, mais que les valeurs, elles, se transmettent. Et si nous sommes encore debout aujourd’hui, c’est aussi parce que d’autres avant nous ont refusé de baisser les bras.

À eux, je veux simplement dire : MERCI et encore MERCI.

Merci pour les combats menés. Merci pour ce que vous avez préservé. Et merci de nous avoir transmis cette flamme que nous avons, à notre tour, la responsabilité de porter. Mais cette flamme doit aussi être un message d’espoir pour chacun d’entre vous. À celles et ceux qui ont déjà retrouvé un emploi ailleurs, je veux souhaiter pleine réussite dans cette nouvelle étape. Partir ne signifie pas oublier. Vous emportez avec vous une part de cette histoire, de ce savoir-faire et de cette fierté qui nous ont unis pendant tant d’années. À celles et ceux qui sont encore en recherche, je veux adresser un message de confiance et de courage.  Une page se tourne, parfois brutalement, mais elle n’efface ni vos compétences, ni votre expérience, ni votre valeur. Tout ce que vous avez construit ici reste en vous et vous accompagnera dans la suite de votre parcours.

Et je n’oublie pas celles et ceux qui vont entrer en préretraite. Ils font pleinement partie de cette histoire. Après des années de travail, d’engagement et de fidélité au site, cette nouvelle étape est aussi la leur. Leur expérience, leur mémoire et tout ce qu’ils ont transmis aux générations suivantes continueront à faire vivre l’esprit de ce site bien au-delà de sa fermeture.

Je veux également avoir une pensée particulière pour nos collègues du service BD qui, eux, continueront à être présents sur le site. A eux aussi revient désormais une part de cette flamme.

Nos chemins vont désormais prendre des directions différentes. Mais chacun emportera avec lui une part de ce que nous avons construit ensemble : une expérience, un savoir-faire, des rencontres, des souvenirs et surtout cette histoire commune qui restera la nôtre.

Une décision peut être prise depuis un siège social pour fermer un établissement. Déployée par une direction RBFR. Mais on ne peut pas effacer 80 ans de travail, de sacrifices, de compétences, de solidarité et de fierté industrielle. On ne peut pas effacer les générations de salariés qui se sont succédé ici. On ne peut pas effacer celles et ceux qui, après chaque difficulté, chaque restructuration et chaque départ, ont continué à venir travailler, à produire, à transmettre leur savoir-faire et à faire vivre ce site à ce jour.

Cette histoire appartient à toutes celles et ceux qui l’ont écrite. Et jusqu’au dernier jour, nous continuerons à défendre avec dignité les salariés, leurs droits, leur savoir-faire et la mémoire de ce site. Nous resterons debout, comme ce site l’est resté pendant 80 ans.

« Ceux qui nous ont précédés nous ont transmis une flamme ; à nous de faire en sorte qu’elle ne s’éteigne jamais. »

Merci pour votre confiance. Merci pour votre engagement.


Je terminerai par la citation d’un Roi : « Un peuple sans histoire est un peuple sans avenir. »
Votre secrétaire CSE Bosch Vénissieux

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